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Fleuriau, La Rochelle et l’esclavage

Trente-cinq ans de mémoire et d’histoire

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C’est à un par­cours mémo­riel de plus d’un tiers de siècle sur un sujet d’histoire qui inté­resse une ville, une région, et plus lar­ge­ment une époque, que nous invite ce livre-témoi­gnage. L’historien, acteur des évé­ne­ments dès la pre­mière heure, veut ici appor­ter quelques élé­ments de réponse à la mise en scène actuelle de l’histoire dans des ques­tions d’ordre humain et social tou­chant le débat ouvert à l’orée du xxie siècle par les tenants du « devoir de mémoire » sur le sujet glo­bal de l’esclavage, et non seule­ment de la traite, comme cela est trop sou­vent dit.
Entre devoir de mémoire et abus de mémoire, résur­rec­tion, recon­naissance, vic­ti­mi­sa­tion, culpa­bilisation, voire répa­ra­tions… force est de consta­ter qu’on assiste aujourd’hui à une subite infla­tion des dis­cours idéo­lo­giques et pseu­do-scien­ti­fiques sur le sujet et de ses repré­sen­ta­tions sous l’effet, sur fond d’ignorance, du débor­de­ment des affects que la pra­tique de l’histoire s’efforçait de mettre à dis­tance. Elle s’accompagne d’une direc­tion de conscience qui se pro­clame elle-même porte-parole de la demande de jus­tice des vic­times sur fond de bien-pen­sance généralisée.
Face aux recons­truc­tions émotion­nelles inté­res­sées, à l’usage poli­tique déma­go­gique du pas­sé et à la mémoire offi­cielle struc­tu­rel­le­ment vulnérable
dans sa fia­bi­li­té, abu­si-vement com­mandée sinon mani­pu­lée, qu’est-il adve­nu après une thèse, un ouvrage, l’ouverture en 1982 d’un musée dans son hôtel roche­lais et quelques com­mé­mo­ra­tions, du per­son­nage d’Aimé-Benjamin Fleuriau, deve­nu au fil du temps une véri­table légende urbaine ?
Parallèlement, l’évolution des moyens tech­no­lo­giques au ser­vice de la recherche a per­mis ces der­nières années d’étonnantes décou­vertes qui renouvel­lent et ren­forcent la connais­sance d’un sujet tou­jours actuel, ana­ly­sé ici dans un sou­ci d’objectivation scien­ti­fique dans l’espoir d’ouvrir la voie à une juste mémoire apaisée.

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