Écrire la mémoire

Les mémorialistes de la Révolution et de l’Empire

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L’histoire de la Révolution et de l’Empire s’est écrite en tenant compte, entre autres, d’une lit­té­ra­ture abon­dam­ment pro­duite par les acteurs des années 1789 – 1815. Mais der­rière la célé­bri­té des textes d’une mar­quise de La Rochejaquelein, d’un baron Marbot ou d’un ser­gent Bourgogne se cache l’histoire édi­to­riale de ces ouvrages, par­fois rocam­bo­lesque, sou­vent aven­tu­reuse, tou­jours pas­sion­nante. À par­tir de 1814 en effet, des textes des témoins de la Révolution et de l’Empire passent du domaine pri­vé à l’espace public, et contri­buent à mar­quer la culture roman­tique et l’identité natio­nale de leurs récits. Forts connus, ces textes n’ont pour­tant jamais été l’objet d’une his­toire expli­quant com­ment ils sont deve­nus des livres. La façon dont les témoins ont mis par écrit leurs sou­ve­nirs est pour­tant riche d’enseignements sur la por­tée des évé­ne­ments révo­lu­tion­naires et impé­riaux. Elle éclaire aus­si le rôle de la mémoire dans la culture roman­tique, poli­tique et natio­nale du XIXe siècle. Elle révèle com­ment les héri­tiers de ces acteurs se sont sen­tis à leur tour inves­tis de la mis­sion de trans­mettre aux géné­ra­tions futurs des témoi­gnages dont cer­tains n’étaient ini­tia­le­ment voués qu’à exis­ter dans un cercle pri­vé. Natalie Petiteau se livre ici à une étude sys­té­ma­tique des pro­ces­sus de mise par écrit et de publi­ca­tion des mémo­ria­listes de la Révolution et de l’Empire, en met­tant tou­te­fois l’accent sur les témoins des années impé­riales, plus nom­breux et plus célèbres. Quelques études de cas mon­trant par ailleurs l’apport de ces textes aux his­to­riens pro­longent ce travail. 

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