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La Rochelle, l’Aunis et la Saintonge face à l’esclavage

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La Rochelle est au XVIIIe siècle le second port négrier de France. Les arma­teurs de la cité auni­sienne ont trans­por­té, depuis les rivages afri­cains vers les plan­ta­tions des Amériques, 160000 Africains depuis les années 1640 jusqu’au début du XIXe siècle, dont 130000 pour le seul XVIIIe siècle. Derrière le grand port, toute une région vit éga­le­ment de la Traite des Noirs, de Rochefort aux rives de la Seudre. Derrière les arma­teurs, toute une popu­la­tion par­ti­cipe de fait au tra­fic négrier, de manière directe ou indi­recte, à tra­vers l’armement de ces navires, et leurs équi­pages. Ce tra­fic conduit Aunisiens et Saintongeais vers des des­ti­na­tions afri­caines qui deviennent alors bien connues dans la région. De l’autre côté de l’Atlantique, les mêmes ont lar­ge­ment par­ti­ci­pé, depuis le XVIIe siècle, au déve­lop­pe­ment des îles, bien­tôt deve­nues des élé­ments essen­tiels d’une éco­no­mie colo­niale qui enri­chi­ra consi­dé­ra­ble­ment le royaume au XVIIIe siècle. Traite et plan­ta­tion consti­tuent ce « com­merce tri­an­gu­laire » auquel La Rochelle par­ti­cipe lar­ge­ment, pour son plus grand pro­fit finan­cier. C’est autour de cette his­toire, long­temps dif­fi­cile à évo­quer et à explo­rer, que cher­cheurs et his­to­riens, mais aus­si acteurs de la mémoire de cette his­toire négrière, se sont unis pour tra­vailler sur le pas­sé, et sur le pré­sent mémo­riel, ce der­nier étant aujourd’hui mis au pre­mier plan, dans les anciens ports négriers fran­çais. La varié­té et l’ampleur des sources pré­sen­tées, la richesse des sujets étu­diés, à pro­pos et autour de la Traite, font de cet ouvrage un docu­ment incon­tour­nable pour la connais­sance, à La Rochelle et en France, de ce que Voltaire appe­lait « l’infâme trafic ».

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