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Les Étrangers dans les villes-ports atlantiques

Expériences françaises et allemandes. XVe-XIXe siècle

Sous la direction de 
etrangers

C’est à par­tir de la fin du Moyen Âge que com­mencent à se pré­ci­ser la figure et le sta­tut de l’étranger. Il fait alors l’objet d’une atten­tion renou­ve­lée, tant au niveau des pou­voirs cen­traux qu’à l’échelle locale. Omniprésent sur les lit­to­raux atlan­tiques, il contri­bue à l’ouverture mari­time de biens des villes euro­péennes ou amé­ri­caines, après avoir long­temps – et avant tout – incar­né un « dan­ger venu de la mer » (raz­zias, pira­te­rie). Tour à tour condam­né, dénon­cé ou pro­té­gé, l’étranger peut être doté, sur le long terme, de toutes les ver­tus par les popu­la­tions d’accueil ou être, au contraire, affu­blé des plus grands maux. Il fait peur et attire à la fois : vu comme une menace pour cer­tains, il consti­tue pour d’autres un gage de pros­pé­ri­té et de pro­grès. Il peut bous­cu­ler les tra­di­tions, pro­vo­cant adhé­sion ou rejet. De bouc-émis­saire en période de crise ou de ten­sion, il peut se trans­for­mer en un for­mi­dable acteur du déve­lop­pe­ment éco­no­mique, social et cultu­rel. Lieux de tran­sit ou d’installation défi­ni­tive, les villes-ports consti­tuent des obser­va­toires pri­vi­lé­giés pour l’étude de ces étran­gers, qui y occupent une place sin­gu­lière, par­fois cen­trale. Fruit d’une col­la­bo­ra­tion fran­co-alle­mande, les dif­fé­rentes contri­bu­tions, réunies ici dans une optique com­pa­ra­tive, entendent confron­ter expé­riences indi­vi­duelles ou col­lec­tives, en s’attachant notam­ment aux réseaux rela­tion­nels et aux condi­tions d’existence : sont non seule­ment évo­qués les étran­gers ayant fou­lé de leurs pieds la France et les pays ger­ma­niques, mais aus­si ces très nom­breux alle­mands ou fran­çais qui ont déci­dé de quit­ter leur pays d’origine pour s’installer en ter­ri­toire étran­ger. Avec des moti­va­tions et des par­cours indi­vi­duels qui relèvent certes par­fois du domaine de l’aventure, mais qui per­mettent sur­tout de s’interroger sur les phé­no­mènes d’intégration, d’exclusion ou de trans­ferts cultu­rels qui ont mar­qué, sur le long terme, nos socié­tés contemporaines.

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