“Catherine”

Catherine Varlin-Winter, résistante, militante, journaliste (1925-2004)

Née de parents juifs rus­so­phones arri­vés en France au début des années 1920, Judith Haït-Hin a quinze ans lorsqu’en juin 1940 elle fuit la capi­tale devant l’avance alle­mande. Dès 1941, à Montpellier où sa famille s’est réfu­giée, elle intègre un groupe de la MOI (Main‑d’œuvre immi­grée). Fuyant l’entrée des Allemands en zone Sud, elle se retrouve, en novembre 1942, à Grenoble, en zone d’occupation ita­lienne. C’est là qu’elle s’engage dans les FTP-MOI (Francs-tireurs et par­ti­sans de la Main‑d’œuvre immi­grée). En 1943, elle gagne Toulouse et devient Commissaire aux effec­tifs de la « 35e Brigade ». En 1944, elle est en Meuse, membre de l’état-major dépar­te­men­tal des FTP, char­gée d’organiser les nom­breux étran­gers qui séjournent dans les forêts du dépar­te­ment. À la Libération, elle accom­pagne quelque temps le « Bataillon de la Meuse » qui sera inté­gré à la Colonne Fabien, puis à la 1re Armée du géné­ral de Lattre de Tassigny.

De retour à Paris, elle écrit pour diverses publi­ca­tions liées au PCF, avant de deve­nir jour­na­liste à L’Humanité. À ce titre, elle est notam­ment envoyée en 1948 en Palestine et rend compte de la créa­tion de l’État d’Israël. En 1953, c’est elle qui sera, au sein du jour­nal, la prin­ci­pale ani­ma­trice de la cam­pagne de pro­tes­ta­tion contre la condam­na­tion à mort des époux Rosenberg.

Ébranlée par les révé­la­tions du 20e Congrès du Parti com­mu­niste de l’URSS, puis par l’intervention sovié­tique à Budapest, elle quitte le PCF. Tentée un moment par la lit­té­ra­ture, elle écrit et publie des poèmes, mais c’est vers le ciné­ma qu’elle se tourne fina­le­ment et devient pro­duc­trice. Elle accom­pa­gne­ra des réa­li­sa­teurs par­mi les plus pres­ti­gieux, Joris Ivens, Chris Marker, Alain Resnais et bien d’autres.

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