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Agir pour l’Église (XVIe-XIXe siècle)

Ministères et charges ecclésiastiques dans les Églises réformées

Sous la direction de 
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En affir­mant la doc­trine du sacer­doce uni­ver­sel, Luther, sui­vi par les autres réfor­ma­teurs, dont Calvin, a bou­le­ver­sé le pou­voir au sein de l’Église avec des effets majeurs dans toute la socié­té chré­tienne au XVIe siècle. Non seule­ment le pro­tes­tan­tisme reje­tait le magis­tère romain mais il refu­sait en même temps de remettre l’Église aux mains d’une clé­ri­ca­ture qui aurait seule le pou­voir de déci­der. Il intro­dui­sait, poten­tiel­le­ment, la démo­cra­tie dans la com­mu­nau­té chré­tienne. Le pro­ces­sus de confes­sion­na­li­sa­tion et de pro­gres­sive ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion des églises pro­tes­tantes a contraint les réfor­ma­teurs à poser les termes d’un minis­tère par­ti­cu­lier, celui de la parole. Mais, le pas­teur exerce un minis­tère (c’est-à-dire un ser­vice) et non un magis­tère. La concep­tion cal­vi­nienne du gou­ver­ne­ment de l’église conduit à confier l’encadrement des fidèles et la ges­tion maté­rielle de la com­mu­nau­té à un groupe d’hommes (sur­veillants ou anciens) qui com­pose le consis­toire, ancêtre, en France, du conseil pres­by­té­ral. À ce minis­tère s’ajoute celui du dia­co­nat et de charges comme celles de chantre et de lec­teur. Cet ouvrage apporte de nou­veaux élé­ments dans l’étude de l’action de ces mil­liers d’hommes qui ont assu­ré des fonc­tions dans les églises réfor­mées du XVIe au XIXe siècle grâce à une lec­ture plus atten­tive dou­blée de nou­velles inter­ro­ga­tions et pro­blé­ma­tiques posées sur les archives consis­to­riales et syno­dales. Beaucoup de contri­bu­tions mettent en évi­dence les contes­ta­tions, les débats, les résis­tances à l’action des pas­teurs, anciens et diacres. La réac­tion répond à l’action. Cette réac­ti­vi­té est à la fois source de fra­gi­li­té et germe de vita­li­té des églises réfor­mées dans des contextes poli­tiques et sociaux divers.

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