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Royan et la mer

De la fin du Moyen Âge au début du XIXe siècle

Rejetés dans l’ombre par Bordeaux, les ports de l’estuaire de la Gironde sont mal connus. L’ouvrage met en lumière l’un d’eux : Royan, pre­mier abri et pre­mière ville que les voi­liers ren­con­traient au sor­tir des redou­tables passes de l’embouchure. De la fin du Moyen Âge au XIXe siècle, rou­tiers et cartes marines, récits de marins et de voya­geurs posent Royan en por­tier de la « rivière de Bordeaux ».

« Château-port » médié­val à l’abri de ses for­ti­fi­ca­tions jusqu’à sa des­truc­tion en 1631, puis havre d’échouage mal pro­té­gé où s’abrite une cin­quan­taine de barques et de cha­loupes locales, com­ment évo­lue le pay­sage por­tuaire royan­nais ? Quel aspect avait le port médié­val ? Comment la ville s’est-elle recons­ti­tuée autour du bourg de Saint-Pierre après 1631 ?

Royan est au cœur de mul­tiples acti­vi­tés mari­times. Presque toutes sont liées à Bordeaux dont Royan est le port de ser­vice. À par­tir d’exemples concrets, on suit les barques royan­naises de cabo­tage qui trans­portent les bar­riques de vin jusqu’en Bretagne et en Irlande ; on les voit ani­mer au XVIIIe siècle l’intense tra­fic interne à l’estuaire, sans comp­ter le va-et-vient des cha­loupes des pilotes qui entrent ou sortent les navires de l’estuaire.

Quelle rela­tion les Royannais entre­tiennent-ils avec la mer ? Pour les 200 à 300 marins, la navi­ga­tion est source de tra­vail depuis les mate­lots et les capi­taines enga­gés sur les trois-mâts bor­de­lais de la route des Antilles, jusqu’à ceux qui ne quittent guère les eaux de l’estuaire. Comment s’organisent les car­rières des gens de mer ? Quels sont les risques du métier ? Par ailleurs, quel regard portent les autres Royannais, d’abord des pay­sans, sur la mer et sur leur rivage fami­lier ? Vivre sur le lit­to­ral signi­fie des res­sources com­plé­men­taires par les pêches sur l’estran, les nau­frages ou les tra­vaux de manu­ten­tion. Mais la mer, avec les tem­pêtes, les « vole­ments de sable » et les menaces des attaques venues de l’Océan lors de chaque guerre, est aus­si syno­nyme de dan­gers et de peurs.

Traversant plus de cinq siècles durant les­quels les Royannais se sont lan­cés sur la mer, l’étude se clôt à l’aube d’un chan­ge­ment majeur. À par­tir de 1820, avec l’arrivée des pre­miers vapeurs venus de Bordeaux avec leurs « car­gai­sons » de tou­ristes, Royan se mue en une sta­tion bal­néaire. La mer n’a plus le même sens.

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