Collection :

Villes et organisation de l’espace en Bordelais

(vers 1300 - vers 1550)

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Appuyée sur un impor­tant dos­sier car­to­gra­phique et s’inscrivant dans une approche de géo­gra­phie his­to­rique, l’étude aborde le rôle des villes en tant que pôles de struc­tu­ra­tion d’un espace régio­nal, le dio­cèse de Bordeaux, entre le début du XIVe et le milieu du XVIe siècle. Elle s’intéresse à l’emprise urbaine, juri­dique et éco­no­mique, sur les proches cam­pagnes, ain­si qu’à la hié­rar­chi­sa­tion des villes et aux inter­re­la­tions qu’elles ont déve­lop­pées au sein d’un réseau urbain. Enfin, la prise en compte d’un temps his­to­rique long per­met de mettre en évi­dence des évo­lu­tions dif­fé­ren­ciées (pro­mo­tions, stag­na­tions, déclas­se­ments) depuis la fin de la mise en place du semis urbain au début du XIVe siècle jusqu’aux réajus­te­ments du début du XVIe siècle. Si le poids pré­pon­dé­rant de Bordeaux annonce déjà le pri­mat de la capi­tale régio­nale à l’époque moderne dans un pro­ces­sus de long terme qui conduit jusqu’à la métro­po­li­sa­tion actuelle, le Bordelais « utile », orga­ni­sé autour des val­lées de la Dordogne, de la Garonne et de la Gironde, offre l’aspect d’un ter­ri­toire struc­tu­ré en petits pays gra­vi­tant autour des villes et des bourgs ruraux, des­quels émerge Libourne en tant que pôle secon­daire du dio­cèse, orga­ni­sant indé­pen­dam­ment de Bordeaux la zone de confluence de l’Isle et de la Dordogne. Les marges du dio­cèse, faites d’espaces répul­sifs (bois, landes, marais), fai­ble­ment peu­plés et peu mis en valeur, forment une péri­phé­rie qui échappe au contrôle des villes. C’est par la Garonne et la Dordogne, vers l’amont, que les villes du Bordelais entrent en rela­tion avec les régions voi­sines for­mant leur arrière-pays, tan­dis que la Gironde ouvre vers l’aval des pers­pec­tives d’échanges mari­times qui ne pro­fitent plei­ne­ment qu’à Bordeaux.

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