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Marins et protestantisme à La Tremblade et environs

(XVIe-XVIIIe siècle)

Les his­to­riens ont consta­té l’importance des marins de La Tremblade dans l’histoire navale : « La Tremblade, la pépi­nière des mate­lots ». Des condi­tions géo­gra­phiques, démo­gra­phiques et éco­no­miques propres expliquent cette par­ti­cu­la­ri­té de la presqu’île d’Arvert aux abords de la Gironde. Mais éga­le­ment un par­ti­cu­la­risme éco­no­mique, le sel, ven­du dans le royaume et expor­té dans toute l’Europe du Nord. Le grand com­merce, vers les Isles à sucre des Caraïbes, consti­tue un second pôle d’attraction pour la popu­la­tion mari­time de La Tremblade, à par­tir de Bordeaux, et dans une moindre mesure de La Rochelle : mousses, mate­lots, offi­ciers partent vers ces ports. Le tra­fic du sucre, de l’indigo et du café, le « com­merce infâme » des êtres humains — la traite négrière — sont pour­voyeurs d’emplois pour les gens de mer de La Tremblade.

L’importance quan­ti­ta­tive des Trembladais est impres­sion­nante dans la Marine déve­lop­pée par Richelieu puis Louis XIV et Colbert. Après le siège de La Rochelle, la royau­té va uti­li­ser les res­sources humaines de l’Aunis et de la Saintonge. Des dynas­ties de marins locaux vont par­ti­ci­per à ce déve­lop­pe­ment et mon­trer le pavillon sur tous les océans. Et pour­tant… Ces marins étaient pro­tes­tants et avaient com­bat­tu les forces royales pen­dant les guerres de Religion. La Tremblade était terre de hugue­nots : la reli­gion réfor­mée et la mer y ont une his­toire mêlée et indissociable.

2e édi­tion revue et augmentée.

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