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Musulmans de Côte d’Ivoire à l’époque coloniale (1900−1960) — 2 tomes

(1900-1960)

Depuis les années 1970, l’islam, deve­nu pre­mière reli­gion du pays par le nombre de fidèles, a fait irrup­tion sur la scène publique en Côte d’Ivoire. Dans un État ini­tia­le­ment diri­gé par des élites chris­tia­ni­sées venues du centre et du sud du pays, l’islam avait d’abord été consi­dé­ré comme un phé­no­mène péri­phé­rique, voire étran­ger. Longtemps per­çus comme des citoyens de seconde zone, les musul­mans ont pris, à la faveur de la conjonc­ture inter­na­tio­nale et de l’émergence de lea­ders modernes, toute leur place dans la socié­té ivoi­rienne. La crise poli­tique récente (2010−2011) a don­né une nou­velle impor­tance à cette pré­sence musul­mane. Qu’ils fussent conqué­rants ou hommes de paix, kara­mo­kos (let­trés en arabe), mili­tants et com­bat­tants de l’indépendance, tous ces per­son­nages musul­mans que nous avons croi­sés dans cette enquête prennent place dans la mémoire du pays.

Cet ouvrage est né d’enquêtes orales menées dans les années 1970, d’un dépouille­ment des archives et de l’historiographie dis­po­nibles, y com­pris des tra­vaux plus récents d’une nou­velle géné­ra­tion de cher­cheurs ivoiriens.

La pré­sence des musul­mans en Côte d’Ivoire étant insé­pa­rable de l’histoire sociale et poli­tique du pays, nous pro­cé­dons, à la faveur de cette enquête, à un par­cours gui­dé à tra­vers l’histoire ivoi­rienne, en ses dif­fé­rents ter­roirs. Nous avons cher­ché, en même temps, à mon­trer com­ment l’époque colo­niale repré­sente, pour la ques­tion musul­mane, un moment de latence pen­dant lequel se sont pré­pa­rées les évo­lu­tions contemporaines.

Du même auteur :
Sociétés et politique en Afrique subsaharienne 
(2007)