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Les Propos de l’éveillé Tue Trung — Tue Trung, thuong si ngu luc

Un sage bouddhiste vietnamien au XIIIe siècle (1230-1291)

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Les sagesses taoïste et boud­dhiste se sont ren­con­trées et mutuel­le­ment enri­chies dès le deuxième siècle, notam­ment dans la plaine du fleuve Rouge, alors extré­mi­té méri­dio­nale, plus ou moins auto­nome de l’empire chi­nois. Pendant un mil­lé­naire, et non sans défendre leur par­ti­cu­la­risme, les moines let­trés du Gia Chi – An Nam ont par­ti­ci­pé acti­ve­ment à l’ap­pro­fon­dis­se­ment de la civi­li­sa­tion, offrant fina­le­ment la pers­pec­tive d’une haute spi­ri­tua­li­té natu­relle par la reli­gion boud­dhiste ou par une dif­fi­cile intui­tion immé­diate. Ce fut l’École de l’Esprit, pour laquelle on reprit au Xe siècle le terme indien dhya­na, trans­crit chan [na], viet­na­mien thiền, japo­nais zen. Méfiants envers les ensei­gne­ments théo­riques, ils y ont pri­vi­lé­gié l’é­veil per­son­nel, aidé par des maîtres plu­tôt guides spi­ri­tuels, auteurs de dia­logues et de stances décou­ra­geant les spé­cu­la­tions intel­lec­tuelles, et menant aux évi­dences naturelles.
La dynas­tie Tran s’est impo­sée au XIIIe siècle dans et hors de l’An Nam – Ðai Việt, alors avec le Japon bas­tions extrêmes de la résis­tance contre les inva­sions mon­goles. Ses rois ont conso­li­dé le rôle du boud­dhisme comme l’âme natio­nale. Ils ont éla­bo­ré une lit­té­ra­ture, dans l’es­prit et la langue de la sagesse chi­noise, mais en libre choix, qui en fait pour le Việt Nam un héri­tage cultu­rel aus­si impor­tant que les livres clas­siques confu­céens. Les Propos du prince Tran Tung (1230−1291) mis en forme, Tuệ Trung thượng sĩ ngữ lục, sont par­mi les oeuvres les plus impor­tantes qui nous sont parvenues.

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