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Journal du citoyen Conseil commandant de La Pique

(1793-1801)

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La fré­gate Fleur de Lys, lan­cée à Rochefort quelques années après sa grande sœur Hermione, connaî­tra les méandres de la Charente, la rade d’Aix, effec­tue­ra des mis­sions de recon­nais­sance le long des per­tuis avant que n’éclatent les grands bou­le­ver­se­ments de la Révolution.
C’est là qu’elle chan­ge­ra de nom en deve­nant La Pique et scel­le­ra ain­si son des­tin à l’Histoire.
Partant en avril 1794 pour les « isles du Vent », elle connaî­tra son pre­mier com­bat naval au large de la Guadeloupe en jan­vier de l’année sui­vante. Captive comme son capi­taine, ame­née en Angleterre, répa­rée pour ser­vir à la flotte enne­mie, elle pren­dra le nom de HMS Pique.
Son capi­taine, pri­son­nier pen­dant presque une année à Portsmouth, libé­ré, échan­gé, ne tar­de­ra pas à repar­tir vers la Guadeloupe, nom­mé chef de la force armée de l’île de Saint-Martin.

En 1800, il est mis à la retraite, n’ayant pas été com­pris dans la réforme et la réor­ga­ni­sa­tion de la Marine.
Alors, pour­quoi après tant de ser­vices ren­dus à la République, ce capi­taine, ser­vant au Commerce, nom­mé sur les vais­seaux de la République par la Convention Nationale, peut-il être oublié des hommes ?

Il est certes dif­fi­ci­le­ment iden­ti­fiable par les cher­cheurs, son nom ayant été chan­gé. De Daniel de Monconseil1, il est pas­sé à Demonconseil, puis à citoyen Conseil tout court, à l’époque du « tutoie­ment obligatoire ».
Quant à la fré­gate, son des­tin sera défi­ni­ti­ve­ment scel­lé sur les côtes fran­çaises en juin 1798.

La HMS Pique livre­ra un ultime com­bat contre la fré­gate La Seine et fini­ra près de la côte, au lieu du Grouin du Cou, au large de La Tranche-sur-Mer.
Attaquée, démâ­tée, échouée, brû­lée et cou­lée… puis oubliée !

Sa renais­sance, comme un pied-de-nez à l’histoire, sera le fruit de la décou­verte de son ancre par le club d’archéologie sous-marine local. Remontée du fond des eaux, net­toyée, elle est aujourd’hui hono­rée tout près de la plage de la Tranche.
Depuis peu, à une courte dis­tance, un canon mira­cu­lé de La Seine fait aus­si face à la mer.

Le capi­taine Conseil n’a lais­sé ni jour­nal de bord ni mémoires. C’est à par­tir de docu­ments ori­gi­naux inédits que l’auteur a retra­cé sa vie, d’homme, de marin, de ser­vi­teur de la République, et de celle de son navire, dans ce Journal.

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