Collection :

Histoire des coureurs de bois

Amérique du Nord
 1600-1840

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Coureurs de bois, voya­geurs, trai­teurs, hommes du Nord, man­geurs de lard, hommes libres, chas­seurs des mon­tagnes : ces appel­la­tions pit­to­resques témoignent d’une Amérique oubliée, celle d’avant la conquête de l’Ouest. D’origine euro­péenne, les hommes qu’on dési­gnait ain­si sillon­naient le Nouveau Monde en quête de pel­le­te­ries, séjour­nant et par­fois hiver­nant par­mi les Amérindiens. De la Caroline du Sud au Mississippi, de la val­lée du Saint-Laurent aux Rocheuses, ils for­maient des socia­bi­li­tés iti­né­rantes et mas­cu­lines, étroi­te­ment asso­ciées aux com­mu­nau­tés autoch­tones. Restituer leurs cir­cu­la­tions, c’est repen­ser la construc­tion des socié­tés colo­niales dans leur rap­port à l’espace, à l’ordre et à l’altérité, et mettre au jour des expé­riences sin­gu­lières de la mas­cu­li­ni­té, comme d’une cer­taine forme de liber­té. Suivre leurs traces, c’est aus­si don­ner à com­prendre les voies mul­tiples de l’indianisation et du métis­sage et rendre compte d’une Amérique inso­lite où se côtoient langue de Molière et langues amé­rin­diennes. Histoire des cou­reurs de bois ouvre par ailleurs une fenêtre sur d’autres formes de ratio­na­li­té, qu’il s’agisse des pra­tiques d’échange, des lois de l’hospitalité, des rela­tions entre les sexes (y com­pris les plus intimes), ou encore des fon­de­ments de la vio­lence au sein des socié­tés amé­rin­diennes. Le lec­teur est ain­si convié au dévoi­le­ment d’une aven­ture inter­cul­tu­relle intense et mécon­nue, longue pour­tant de deux siècles et qui s’est jouée sur tout un continent.

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