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Singapour vu d’en bas

Chronique d'un Basque en Asie (1980-1989)

singapour

Singapour, la vil­le­monde emblé­ma­tique du capi­ta­lisme inter­na­tio­nal et de la mon­dia­li­sa­tion libé­rale, donne lieu habi­tuel­le­ment à une série de cli­chés sou­vent géné­rés par une com­mu­ni­ca­tion gou­ver­ne­men­tale effi­cace : ordon­née, poli­cée, dis­ci­pli­née, beau­coup d’es­paces verts, para­dis du shop­ping et des affaires, place finan­cière sûre, ges­tion éco­no­mique exem­plaire, la cité-État est sou­vent encen­sée dans les revues d’é­co­no­mie. Quant au tou­riste, au jour­na­liste ou à l’homme d’af­faires de pas­sage, ils jettent un regard dis­trait sur la socié­té locale, notant qu’on y mange très bien, que le télé­phone fonc­tionne, et qu’il n’y a pas de blin­dés de l’ar­mée à tous les coins de rue. Tout cela, certes, n’est pas faux. Ayant pas­sé dix-sept années de sa vie à Singapour, immer­gé dans la popu­la­tion locale, l’au­teur nous pro­pose cepen­dant une autre vision des choses : l’en­vers de la médaille en quelque sorte. Au-delà de son his­toire per­son­nelle aty­pique, par petites touches, il des­sine le por­trait plus contras­té d’une popu­la­tion cha­leu­reuse et géné­reuse, beau­coup moins pas­sive qu’on ne l’i­ma­gine, bien loin des cli­chés habi­tuels qui en font une armée de fan­tas­sins dis­ci­pli­nés au ser­vice du capi­ta­lisme inter­na­tio­nal. Il décrit aus­si très concrè­te­ment les dif­fi­cul­tés à exis­ter d’une socié­té civile à peine tolé­rée, tou­jours sus­pecte. Il évoque enfin l’é­vo­lu­tion sociale rapide que connaît aujourd’­hui la cité-État, confron­tée à des dif­fi­cul­tés impor­tantes : démo­gra­phie en chute libre, exi­guï­té du ter­ri­toire, des infra­struc­tures qui ne sont pas exten­sibles à l’in­fi­ni, une immi­gra­tion mas­sive de moins en moins bien tolé­rée. De plus en plus, les citoyens de Singapour estiment avoir leur mot à dire et le font savoir.

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