Les Officiers charentais de Napoléon au XIXe siècle

Destins de braves

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Si le der­nier car­ré à Waterloo, ain­si que l’escadron sacré durant la retraite de Russie, font tout autant par­tie de la légende que la charge de la garde à Austerlitz, c’est en grande par­tie grâce aux récits dres­sés par les mémo­ria­listes qui ont, de sur­croît, contri­bué à cette immor­ta­li­sa­tion de la gloire. Coignet, Barrès, Marbot, Parquin et les autres appa­raissent ain­si comme les chantres pri­vi­lé­giés de cette époque for­mi­dable au cours de laquelle la France impé­riale a défié l’Europe. Mais, en réa­li­té, que savons-nous pré­ci­sé­ment de ces hommes qui, selon la légende, auraient véné­ré l’empereur jusqu’à leur mort ? En pre­nant pour champ d’étude les offi­ciers de la Grande Armée natifs du dépar­te­ment de la Charente, cir­cons­crip­tion alors répu­tée pour son bona­par­tisme, cet ouvrage se pro­pose de dres­ser un por­trait dif­fé­rent de celui éla­bo­ré par la légende. Enrichi des nou­velles pro­blé­ma­tiques his­to­riques, il recons­ti­tue les des­tins de ceux qui par­viennent, avec plus ou moins de dif­fi­cul­tés, à gagner l’épaulette. Après un dépouille­ment sys­té­ma­tique de 4000 docu­ments conser­vés tant dans les archives dépar­te­men­tales qu’au Service Historique de la Défense, l’auteur, par une approche anthro­po­lo­gique de la guerre, replace ces indi­vi­dus au coeur des batailles qui, après 1815, ont lais­sé des traces durables et pro­fondes. Par la décou­verte et l’exploitation de lettres et de car­nets de route jusqu’alors inédits, il montre aus­si que les offi­ciers de Napoléon, for­mant en réa­li­té un monde hété­ro­gène, ont par ailleurs for­te­ment tem­pé­ré leur enthou­siasme au moment des Cent Jours. Mais cette pas­sion­nante enquête ne s’arrête pas au soir du 18 juin 1815. Elle suit, bien au contraire, les sur­vi­vants de cette épo­pée dans la pre­mière moi­tié du XIXe siècle lorsque ceux-ci, en quête de recon­nais­sance et sou­cieux de conser­ver un rang acquis sur les champs de bataille de l’Europe, entre­prennent d’innombrables démarches pour inté­grer le monde res­treint des élites. Cela conduit ain­si le lec­teur à suivre les vété­rans non seule­ment en Charente mais aus­si à tra­vers le ter­ri­toire hexa­go­nal que cer­tains sont obli­gés de sillon­ner pour retrou­ver une posi­tion conforme au rang que leur a octroyé leur grade. En recons­ti­tuant, à dif­fé­rentes échelles, ces par­cours de vie qui s’achèvent par­fois sous la IIIe République, ce tra­vail, par une approche à la fois sociale, cultu­relle et poli­tique, enri­chit indé­nia­ble­ment l’histoire du XIXe siècle en embras­sant autant l’histoire des élites que celle des masses inter­mé­diaires et populaires. 

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