Les Français vus par ceux qui les gouvernent

(1800-1820)

les_francais_vus_par_ceux

Les mots uti­li­sés par les his­to­riens pour décrire la nation ou la socié­té dif­fèrent de ceux des auto­ri­tés entre 1800 et 1820. La créa­tion des pré­fec­tures place les pré­fets au coeur d’une admi­nis­tra­tion cen­tra­li­sée. Situés entre les ministres et les sous-pré­fets, en rela­tion directe avec les auto­ri­tés mili­taires et reli­gieuses, ils entre­tiennent une cor­res­pon­dance admi­nis­tra­tive quo­ti­dienne avec divers inter­lo­cu­teurs et traitent par­fois les récla­ma­tions qui leurs sont trans­mises, direc­te­ment ou non, par leurs administrés.
En tant que relais du pou­voir cen­tral, le per­son­nel pré­fec­to­ral est éga­le­ment ame­né à s’adresser direc­te­ment à la popu­la­tion par le biais de pro­cla­ma­tions. Tous ces docu­ments révèlent les vues des gou­ver­nants. Leurs repré­sen­ta­tions changent, ain­si que leur lan­gage, au gré des suc­cès diplo­ma­tiques, poli­tiques ou mili­taires, et des défaites qui sonnent le glas de l’Empire fon­dé par Napoléon rem­pla­cé à sa chute par Louis XVIII sur le trône de France. Les images véhi­cu­lées par les auto­ri­tés n’évoluent pas toutes au même rythme ; elles demeurent com­plexes et sou­mises à des ten­sions révé­la­trices de leurs contra­dic­tions. Les pou­voirs publics réaf­firment les traits com­muns propres à un « peuple » excep­tion­nel, dis­tinct de ses voi­sins euro­péens, sou­vent supé­rieur. Ils ne cachent pas pour autant les nom­breuses divi­sions qui opposent les Français, « bons » ou « mau­vais ». Ils ne taisent pas non plus les dif­fé­rences qu’ils éta­blissent entre les élites et le reste de la population,dénigré pour son appar­te­nance s ociale ou géo­gra­phique et prennent encompte la souf­france des « malheureux ».

Du même auteur :