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Le Vietnam, de la « protection » de la France à l’influence américaine 1953 – 1956

À la fin du Moyen Âge, les cam­pagnes mari­times sain­ton­geaises sont sur une fron­tière à plus d’un titre : une fron­tière poli­tique en cours d’apaisement avec la Guyenne anglaise au cours du XVe siècle et une fron­tière en « falaise de la mer » face à un espace atlan­tique à la fois redou­té du fait des trans­gres­sions marines et des des­centes enne­mies mais qui ouvre éga­le­ment de nou­velles pers­pec­tives aux marins sain­ton­geais. À l’écart des grands centres urbains (La Rochelle, Bordeaux ou Saintes), cet espace rural, dure­ment éprou­vé par la guerre de Cent Ans, va enta­mer sa recons­truc­tion en s’appuyant sur cette ouver­ture mari­time qui lui apporte des res­sources ali­men­taires (pêche à pied, pêche en mer, com­merce…), des maté­riaux (maté­riaux de construc­tion en par­ti­cu­lier), de nou­veaux arri­vants qui viennent com­pen­ser les pertes démo­gra­phiques et éga­le­ment une fenêtre pour s’insérer dans le com­merce atlan­tique en plein essor. 

Sans par­ler « d’appel du rivage », la recons­truc­tion sain­ton­geaise va être accé­lé­rée par cette assise lit­to­rale. La pro­duc­tion en grande quan­ti­té du sel, un des pro­duits phares du grand com­merce, offre à cette rura­li­té mari­time une ouver­ture inter­na­tio­nale qui est une véri­table aubaine en matière d’investissements et d’apports de devises dans un espace dépour­vu de grands centres urbains. Sans atteindre le dyna­misme des grandes villes-ports de La Rochelle et Bordeaux qui déli­mitent cet espace au nord et au sud, la Saintonge mari­time par­vient à une cer­taine aisance au début du XVIe siècle, aisance qui contraste avec l’état de déso­la­tion de la pre­mière moi­tié du XVe siècle.

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