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Le Théâtre dans l’espace du peuple

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Des théâtres pour le peuple et dans le peuple peuvent-il exis­ter en Chine ? Loin des lieux offi­ciels contrô­lés par le Parti com­mu­niste, des théâtres vivants s’animent aujourd’hui sur les arrières scènes des grandes villes et sur celles des petites villes et des vil­lages. Cette étude anthro­po­lo­gique du théâtre popu­laire dans la Chine contem­po­raine a été réa­li­sée à par­tir d’enquêtes de ter­rain menées dans un vil­lage du Jiangxi orga­ni­sant un théâtre rituel mas­qué pour le nou­vel an, auprès d’une « troupe flam­beau » indé­pen­dante du Sichuan et auprès de groupes d’amateurs de l’opéra de Pékin qui chantent pour leur plai­sir. Le théâtre est appré­hen­dé à par­tir de l’analyse des com­mu­nau­tés qui le pro­duisent. Cette pers­pec­tive ori­gi­nale a l’avantage de se pla­cer en amont des pièces, objets habi­tuels des tra­vaux sur le théâtre. L’étude montre com­ment le théâtre opère la mise au pre­mier plan des sta­tuts nor­ma­le­ment secon­daires dans la vie quo­ti­dienne, à par­tir d’un rema­nie­ment des rela­tions duelles et com­plé­men­taires consti­tu­tives de la socié­té – hommes/femmes, maître/serviteurs, parents lignagers/affins – qui oeuvrent aus­si bien sur la scène qu’autour d’elle. En outre, l’analyse met au jour et déploie les façons dont le théâtre chi­nois orga­nise des chaînes de rela­tions entre trois types de pro­ta­go­nistes : le public des hommes, les acteurs et musi­ciens et les dieux. Les dieux sont encore aujourd’hui bien pré­sents dans les théâtres popu­laires, même dans la socié­té urbaine où ils appa­raissent sous une forme moder­ni­sée dans les salles des ama­teurs d’opéra de Pékin. À tra­vers le medium du théâtre, cette étude pro­pose en défi­ni­tive une image actua­li­sée de la socié­té chi­noise et des rela­tions sociales com­plexes et atta­chantes qui y sont agies.

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