Dom Sébastien de Portugal et le rêve marocain

(1554-1578)

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Au Musée National d’Art Ancien de Lisbonne, le por­trait du roi Dom Sébastien de Portugal, réa­li­sé à la fin de l’année 1570 par le peintre Christophe de Morais, ne peut lais­ser insen­sible le visi­teur. Le des­tin tra­gique du jeune sou­ve­rain se ter­mine en effet dans une expé­di­tion guer­rière sur le sol maro­cain, le 4 août 1578, lors de la bataille d’Alcácer Quibir. Ce jour-là, l’armée por­tu­gaise connut la plus cui­sante défaite de son his­toire. Les consé­quences de cette défaite furent capi­tales pour l’avenir immé­diat du royaume. Avec ses sol­dats et de très nom­breux membres de la noblesse, le royaume per­dit éga­le­ment son jeune monarque, dis­pa­ru à l’âge de 24 ans, céli­ba­taire et sans des­cen­dance directe. Deux ans plus tard, après l’éphémère règne du vieux car­di­nal-roi D. Henrique, le pays per­dait son indé­pen­dance au pro­fit de Philippe II d’Espagne, fils de Charles Quint et de l’infante Isabelle de Portugal, qui réa­li­sait ain­si au pro­fit de l’Espagne l’union de la pénin­sule Ibérique. En par­tant du tableau de Morais, l’auteur entraîne le lec­teur dans cette his­toire tra­gique, capi­tale pour le Portugal, en sou­li­gnant les causes d’une aven­ture impru­dem­ment menée sur le sol maro­cain par un roi mys­tique, moti­vé par d’apparents objec­tifs stra­té­giques, mais éga­le­ment aveu­glé par un désir puis­sant de croi­sade contre les Musulmans, une quête avide de gloire et de recon­nais­sance inter­na­tio­nale, et un idéal che­va­le­resque d’un autre temps.

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