“Arcana Imperii”. Gouverner par le secret à l’époque moderne

France, Espagne, Italie

arcana_imperii

À l’heure où la trans­pa­rence tend à deve­nir une exi­gence socio-poli­tique incon­tour­nable, il est néces­saire de rap­pe­ler la place de la dis­si­mu­la­tion dans l’histoire. Les spé­cia­listes du Moyen Âge et de l’époque moderne ont depuis long­temps rele­vé l’enjeu que consti­tuait le secret pour leurs périodes res­pec­tives : une culture de l’opacité et de la confi­den­tia­li­té impré­gnait les monar­chies anciennes où s’entremêlaient sphères pri­vées et publiques. En ce sens, l’œuvre de Machiavel n’aurait fait que sys­té­ma­ti­ser les injonc­tions à la dis­si­mu­la­tion émises par les miroirs des Princes médiévaux.

Si cette pers­pec­tive de longue durée fra­gi­lise les thèses fai­sant du secret une arme de l’absolutisme, elle éclipse aus­si les sin­gu­la­ri­tés de l’époque moderne dans son rap­port aux arts de la feinte. Le pari de cet ouvrage est d’identifier ces carac­té­ris­tiques en étu­diant les moda­li­tés tech­niques de la cir­cu­la­tion et de la réten­tion de l’information. La réflexion s’ancre dans les monar­chies espa­gnole, fran­çaise et la répu­blique de Venise entre les XVIe et XVIIIe siècles. En sui­vant les agents royaux sur divers ter­rains – curiaux, diplo­ma­tiques, com­mer­ciaux, finan­ciers –, ce livre met en lumière ce que le per­fec­tion­ne­ment des savoirs admi­nis­tra­tifs doit aux pra­tiques du secret. L’élargissement de son usage à tous les domaines du poli­tique en fait l’une des clés de com­pré­hen­sion des socié­tés modernes.

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