Collection :

Ramón Emeterio Betances (1827−1898)

Le Père de la Patrie Portoricaine

Désigné comme « le père de la patrie por­to­ri­caine », tant par ses com­pa­triotes que par les Latino-Américains, Betances n’en reste pas moins très mal connu. Il demeure le « liber­ta­dor » vain­cu d’une nation frus­trée de son indé­pen­dance en 1898. 

Mal connu dans son île natale, plus mal connu encore en Amérique Latine en dehors de Cuba et de la République Dominicaine, Betances est pra­ti­que­ment incon­nu en France, étran­ge­ment : il y a vécu très inté­gré les deux tiers de son existence.

Betances s’est for­mé en France, à Toulouse et à la facul­té de méde­cine de Paris. Son diplôme en poche, il revient au pays où une épi­dé­mie de cho­lé­ra lui four­nit l’occasion d’exercer : « Le méde­cin des pauvres et des noirs » est né. Il ne tarde pas à se muer en abo­li­tion­niste rusé et déter­mi­né, sur­veillé par l’autorité colo­niale, car il pré­pare la révo­lu­tion pour éman­ci­per à la fois l’esclave afri­cain et la nation asser­vie. Il a été l’âme et l’organisateur du « Grito de Lares » (23 sep­tembre 1868). Ce sou­lè­ve­ment popu­laire a échoué mais il incarne l’acte fon­da­teur indé­lé­bile « de Porto Rico Libre », et le nom de Betances lui est atta­ché à jamais.

Après plu­sieurs années d’exil dans les Antilles, il retourne à Paris en 1872. Comme méde­cin mais aus­si comme porte-voix de l’indépendance de Porto Rico. Durant la guerre d’indépendance de Cuba (1895−1898), le très res­pec­té patriarche est à Paris au cœur du mou­ve­ment de soli­da­ri­té. 

Républicain ache­vé, démo­crate invé­té­ré, franc-maçon et libre pen­seur, cet ami sin­cère de la France a été un huma­niste dont les géné­reux apports méri­te­raient d’être enfin recon­nus dans sa seconde patrie.

Du même auteur :
Les fondements de la démocratie en Amérique Latine 
(2017)