Les Esclaves noirs

Pour une histoire du silence

Hubert Gerbeau

La première édition de ce livre est parue en 1970, la deuxième en 1998. L’édition proposée ici, revue et corrigée, n’est pas une mise à jour mais le « film » du regard qu’un jeune chercheur tente, à l’époque, de poser sur une des énigmes qui se présente à l’historien, le quasi-silence des esclaves. Ce n’est pas pour recueillir leurs paroles qu’ont été achetés des êtres humains, mais pour en tirer un profit ou un plaisir. Le silence a fait tache d'huile, silence de l’esclave, et sur l’esclave. Le « groupe écrivant » n’a guère produit que sur les aspects économiques et « criminels » des esclaves, s’attardant sur l’indigence ou l’atrocité d’une sous-humanité considérée comme tantôt bouffonne, tantôt criminelle. L’oralité tient une grande place dans la mémoire des esclaves-rebelles. Dans le chant, la danse, les proverbes, les contes, pointe la révolte. Elle s’affirme dans le marronnage, la magie, le suicide et le complot – parfois le meurtre. L’auteur cherche à rompre le « silence » des intéressés, en suivant les traces qu’eux-mêmes, par une de leurs rares actions volontaires, ont laissées ; et il s’efforce de les saisir dans leur totalité d’êtres semblables à tout autre, refusant les chaînes, le mépris, l’avilissement. Ce « texte d’une puissance et d’un intérêt rares » (Mohammed Aïssaoui, journaliste au Figaro littéraire) marque toujours les études sur l’esclavage, et mérite amplement cette nouvelle édition.

Nombre de pages : 208 | Format : 145 x 200 mm - Dos carré collé | Date de publication : 2013 | ISBN : 978-2-84654-311-8 | Prix : 22,00 €