Le Problème diplomatique de l’Indochine

1945-1957

Laurent Cesari

La guerre d’Indochine n’a pas seulement été un conflit régional et une lutte de décolonisation : comme la guerre américaine du Viêtnam, elle a pesé sur les relations internationales dans l’ensemble du monde. Menée de pair avec le réarmement en Europe, dans le but de parvenir à une place de « brillant second » du camp occidental, la guerre d’Indochine a conduit la France à la surextension stratégique. Financée par les États-Unis dans le cadre d’une politique de refoulement de la Chine Populaire, elle a suscité des tensions persistantes avec Washington au sujet des dévolutions de pouvoirs aux États associés, du choix des stratégies militaires et de l’opportunité même de poursuivre les opérations. Elle a confirmé, après la guerre de Corée, que le soutien du Royaume-Uni à la politique américaine en Asie orientale et sa solidarité colonialiste avec la France n’allaient pas jusqu’à courir le risque d’un conflit atomique, auquel le territoire britannique était particulièrement exposé. Du côté communiste, l’indispensable soutien militaire chinois à la République Démocratique du Viêtnam a fourni à Beijing un argument durable pour exiger l’allégeance de Hanoi. Enfin la subtile diplomatie soviétique à la conférence de Genève a largement contribué à l’échec de la Communauté Européenne de Défense, à défaut de pouvoir empêcher le réarmement de l’Allemagne occidentale. Le présent ouvrage replace la guerre d’Indochine dans son contexte international en s’appuyant sur de vastes archives américaines, britanniques et françaises, ainsi que sur l’historiographie la plus récente consacrée aux politiques étrangères des États communistes.

Nombre de pages : 424 | Format : 158 x 240 mm - Dos carré collé | Date de publication : 2013 | ISBN : 978-2-84654-325-5 | Prix : 36,00 €